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Redevabilité 3S : le CiAAF lance un projet de recherche sur les services sociaux et sécuritaires au Nord-Bénin

Redev3S : le CiAAF lance un projet de recherche sur la redevabilité des services sociaux et sécuritaires au Nord-Bénin

Le 31 octobre 2026, à Djougou, le CiAAF a organisé un atelier exploratoire servant de lancement officiel du projet de recherche sur la « Redevabilité des services sociaux et sécuritaires en contexte sensible au Bénin » (Redev3S).

Le projet est mis en œuvre avec l’appui du Fonds de soutien aux initiatives de redevabilité (FoSIR), dans le cadre de la phase 3 du Programme Redevabilité, un programme du gouvernement béninois soutenu par la Coopération suisse. Il entend contribuer à une meilleure compréhension du fonctionnement et de l’accessibilité des services sociaux et sécuritaires dans ces territoires, particulièrement marqués par les défis liés à l’insécurité. Six communes de deux départements sont concernées : Cobly, Matéri et Kèrou dans l’Atacora, Banikoara, Karimama et Malanville dans l’Alibori.

Un projet de co-construction avec les acteurs locaux

La rencontre de lancement a réuni des autorités communales et sécuritaires, des chercheuses et chercheurs, des représentantes et représentants d’organisations de la société civile, ainsi que d’autres acteurs locaux.

Le secrétaire général du CiAAF, Dr Emmanuel Odilon Koukoubou, a expliqué l’importance de consulter les acteurs locaux avant le démarrage des enquêtes de terrain. Cette étape permet de mieux connaître les réalités locales. « Par tradition, nos projets de recherche commencent par une activité comme celle-ci, c’est-à-dire une activité avec ceux qui connaissent le terrain. Nous ne pouvons pas entrer dans une chambre sans toquer », a-t-il justifié.

Il a ainsi présenté la rencontre comme une démarche de prise de contact et d’écoute, destinée à recueillir les conseils des acteurs locaux sur les conditions d’intervention et les précautions à prendre. « Nous voulons entrer, est-ce que vous nous autorisez ? Et si vous nous autorisez, comment nous y entrons ? Quelles sont les démarches qu’il faut avoir ? Quelles sont les précautions qu’il faut avoir ? Et qu’est-ce que nous devons savoir pour entrer en sécurité dans la maison qui est la vôtre ? », a-t-il demandé aux participants.

Les acteurs locaux conviés ont répondu à ces différences interrogations en partageant leurs expériences et leurs connaissances du terrain. Les échanges ont ainsi mis en lumière les difficultés que rencontrent les populations dans l’accès à des services tels que la santé, l’éducation, l’eau potable, l’état civil… Ils ont aussi proposé des orientations pour les axes de recherche, attiré l’attention sur les précautions à prendre lors des enquêtes, notamment dans le contexte sécuritaire actuel, et contribué à identifier les services à examiner en priorité.

Pour le CiAAF, cette participation est primordiale. Elle s’inscrit dans une démarche de co-construction des savoirs, qui reconnaît les acteurs locaux comme des détenteurs de connaissances et des contributeurs à la recherche, au même titre que les chercheurs. Les informations, expériences et orientations recueillies permettront d’affiner les outils de collecte et de mieux cerner les enjeux de la redevabilité dans les communes ciblées. Cette démarche vise à produire des connaissances ancrées dans les réalités du terrain et susceptibles de contribuer concrètement à l’amélioration de l’action publique locale.

Produire des données pour améliorer les services publics

Représentant GFA consulting group, partenaire technique de mise en œuvre du Programme Redevabilité, Camille Yabi, chef d’équipe adjoint, a salué l’intérêt de l’initiative portée par le CiAAF. Il a souligné que le projet Redev3S ambitionne de produire des données actualisées sur les services sociaux et sécuritaires dans un environnement sensible comme celui des communes ciblées. Il a également insisté sur la nécessité de traduire les résultats de la recherche en actions concrètes. « Si nous faisons le dialogue, nous attendons aussi ce qu’il faut faire. Si nous ne le mettons pas en œuvre, nous n’allons pas pouvoir changer la qualité des services que nous avons évalués », a-t-il averti.

Camille Yabi a notamment invité les autorités locales et le CiAAF à placer au cœur du processus les structures de dialogue déjà créées dans les communes. L’objectif est de permettre à ces mécanismes de s’approprier les recommandations issues des échanges et d’en assurer le suivi au-delà du projet. « Je voudrais formuler le vœu que ces structures-là soient placées au cœur du dialogue. Pour qu’au terme de ce projet, ces structures puissent s’approprier les recommandations du dialogue et puissent poursuivre le travail afin que les recommandations, une à une, puissent être mises en œuvre », a-t-il indiqué.

Le lancement officiel du projet a été marqué par le mot du maire de Cobly, Boni Alphonse Gnanyati. Il a salué la pertinence de l’initiative au regard des difficultés d’accès aux services publics et des enjeux de redevabilité dans les communes concernées.

« Le présent projet qui porte sur la meilleure connaissance des réalités du terrain pour une action réussie dans un contexte de vulnérabilité est un projet bienvenu », a-t-il affirmé. Pour le maire, l’amélioration de l’accès aux services publics nécessite l’engagement des autorités et des acteurs de la société civile. Il a notamment souligné l’importance de leur contribution à la recherche afin de disposer de données pertinentes pour renforcer la résilience des communautés :

« Le défi lié à l’accès aux services publics qui nous focalisent et qui se focalisent également sur la redevabilité est grand. Et pour cela, l’engagement des différentes autorités et tous les acteurs de la société civile est un devoir »

Des résultats attendus au service de l’action publique locale

Au-delà du constat, le projet Redev3S ambitionne de produire des données fiables sur l’état des services sociaux et sécuritaires, de renforcer le dialogue entre les citoyens et les autorités locales, et de favoriser une meilleure prise en compte des préoccupations des populations dans les décisions publiques.

Les résultats de la recherche doivent notamment alimenter des recommandations adaptées aux réalités des six communes. Les notes de politique publique, les échanges entre les acteurs et les autres productions du projet pourront servir de supports à la réflexion et à l’action des autorités locales et des structures de dialogue.