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De la donnée brute à la pensée structurée : construire un chapitre scientifique
Cette présentation faite par Dr Narcisse Yèdji, enseignant-chercheur en sociologie et chercheur sur le projet PARCINORD, a doté l’équipe de chercheurs des techniques d’exploitation des données issues des enquêtes pour construire des idées, arguments dans un écrit scientifique. A ce sujet, quelle quantité d’extraits de verbatim seraient raisonnables ? Il faut tenir compte de la pertinence, tout en ayant la dose d’analyse utile. L’excès d’extraits peut faire croire que le “terrain n’a pas été digéré”, selon le Dr Yèdji.
Plusieurs autre points ont été évoqués notamment celui de l’anonymisation des données. Comment rendre anonymes des données collectées sans perdre en crédibilité ? A cette question, Dr Yèdji a su donner des éléments de réponse en s’inspirant d’un exemple fictif pouvant impliquer une autorité de sécurité, ou une autorité locale. Au lieu donc de dire “le directeur de l’agence ABC”, par exemple, dire simplement “le directeur d’une agence dans la région”… ou encore au lieu de donner le nom d’un maire, dire “une autorité locale”. Et ce par souci d’obligation de respect de vie privée, de données personnelles et d’éthique de chercheur.
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Écrire clairement et rigoureusement : les fondamentaux de la rédaction scientifique
Le second volet du recyclage méthodologique a été présenté par Dr Expédit Ologou, enseignant-chercheur de science politique et président du CiAAF. “Écrire en science, c’est écrire simple, c’est écrire efficace” ; “Ecrire, c’est réécrire” sont quelques-uns des points clés du rappel méthodologique de Dr Ologou. Il a aussi rappelé qu’il est important d’être et de demeurer en dialogue avec le phénomène à décrire, et la réalité du phénomène qui ne devient phénomène scientifique que par la construction qu’on en fait. De même, il faudra veiller à “formuler en une phrase la thèse de son travail” même si cela est difficile pour de nombreux chercheurs en sciences sociales. En s’inspirant de Howard Becker, Dr. Ologou insiste qu’il faille prendre le risque de se faire relire avant même la fin de la rédaction : “Il vous faut prendre quelques risques, communiquer votre travail à d’autres, vous aurez des critiques dans l’immédiat, cela peut faire peur, voire mal”.
Par ailleurs, l’écriture scientifique doit être un travail de démonstration, parce qu’on veut faire découvrir. Il est important de pouvoir articuler les idées entre elles, articuler une idée avec des faits tout en évoquant des choses qui se sont déroulées dans d’autres circonstances (revue de littérature). En veillant à ne pas se limiter à faire des récits. Car, même si la narration y a sa place, l’écriture scientifique n’est pas un travail de narration seulement.
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Evaluation des projets d’articles
Le CiAAF a été ravi d’accueillir à cet atelier Bettina Merelle, Cheffe du Projet d’Appui à l’Opérationnalisation de la Police République (PRONORD PAOP) mis en œuvre par ENABEL Bénin. A la fin de la rencontre, Mme Merelle a apprécié la qualité et la rigueur du travail en cours ; elle a aussi exprimé quelques attentes vis-à-vis des résultats de notre recherche : “Les résultats du projet que vous menez sont très importants pour nous (…) parce qu’ils vont nous permettre d’orienter nos activités futures. Les résultats de votre travail auront certainement un impact concret sur la redéfinition, le redéploiement des activités qu’on a prévues et qu’on va encore prévoir pour les trois ans à venir”.