
Le séminaire intitulé sur les “Politiques urbaines et construction de l’État : perspectives comparatives entre l’Afrique et l’Europe orientale”, organisé autour du thème “L’Afrique des connexions : apprendre d’ailleurs, théoriser à partir de l’Afrique”, s’est tenu du 17 au 19 février 2026 à Cotonou. L’événement était organisé par le University College London, l’Université de Tallinn et le CiAAF, avec le soutien de Urban Studies Foundations.
La rencontre a réuni chercheurs, universitaires et praticiens d’Afrique et d’Europe de l’Est autour d’une réflexion comparative sur la gouvernance urbaine et les formes de négociation de l’État. Le séminaire a offert un espace de dialogue interrégional centré sur les circulations d’idées, les expériences urbaines et les recompositions de l’action publique. Les échanges ont permis de croiser des perspectives issues de contextes historiques et politiques différents, en mettant en évidence les dynamiques communes et les spécificités locales.
Penser les politiques urbaines africaines à partir des connexions
La première journée s’est ouverte avec des communications inaugurales qui ont posé les bases de la réflexion. La présentation “Thinking African urban politics through connections” a proposé une lecture des politiques urbaines africaines à partir des circulations globales de savoirs et de pratiques.
Dans le même esprit, la communication “Connexions et déconnexions dans une Afrique de coups d’État” a analysé les effets de l’instabilité politique sur les trajectoires urbaines, en mettant en lumière les recompositions des relations entre États et sociétés.
Les regards croisés avec l’Europe de l’Est ont enrichi cette réflexion, notamment à travers “Engaging with Africa from Eastern Europe : an agenda”, qui a interrogé les modalités d’interaction entre les deux régions.
Pouvoir étatique, héritages historiques et dynamiques du capital
Les panels ont analysé les formes contemporaines d’exercice du pouvoir étatique, en lien avec les héritages coloniaux et totalitaires. La communication “Perception of abusive state power in African and CEE urban communities” a mis en évidence les continuités entre ces héritages et les pratiques actuelles de gouvernance.
Les dynamiques économiques ont également été abordées à travers “Liberation and liberalization: South African (post)apartheid capital expansion to Central and Eastern Europe”, qui a analysé les circulations du capital entre régions.
Par ailleurs, la communication “Death and the City” a proposé une approche originale des transformations urbaines, en interrogeant le rôle de la mort comme moteur de production de l’espace urbain.
Les discussions ont aussi porté sur les politiques d’aménagement et de gestion des risques, avec des études de cas situées. La communication “Desiccation as Governance : Flood protection and the making of dry land in Cotonou” a analysé les politiques de lutte contre les inondations à Cotonou comme un mode de gouvernance.
Géopolitique, conflits et recompositions de l’État
La deuxième journée a approfondi les liens entre dynamiques urbaines et contextes géopolitiques. La communication “Geopolitical Connections and Disconnections in the Era of Counterterrorism Action in the Sahel” a mis en lumière les recompositions de l’État dans un contexte de lutte contre le terrorisme.
Les échanges ont également abordé les transformations géopolitiques globales à travers des analyses comparatives, notamment avec “Recolonising the Arctic ? Russia’s strategies in the era of war”.
Gouvernance des infrastructures et négociation d’Etat
Un panel consacré à la construction urbaine a examiné les dynamiques de transformation des villes, en particulier à Cotonou. La communication “Entre normes et pratiques de chantiers : les entreprises de BTP dans la fabrique de l’urbain à Cotonou” a mis en évidence les écarts entre normes et pratiques dans les projets d’infrastructures.
Les travaux ont exploré les formes hybrides de gouvernance urbaine à travers les communications “Negotiating Statehood in the “Ghost City”” et “Entrepreneurial Urban Governance”.
Transmission et collaboration scientifique
La troisième journée, tenue au siège du CiAAF, à Abomey-Calavi, a été consacrée aux échanges entre chercheurs confirmés et jeunes chercheurs. Les discussions ont porté sur les projets de recherche, les approches méthodologiques et l’intégration de nouveaux outils, notamment numériques, dans les pratiques scientifiques.
Ces travaux ont permis de renforcer les capacités des participants et de faire émerger de nouvelles perspectives de collaboration. Au terme des travaux, les participants ont salué la qualité des échanges et la richesse des contributions. Le séminaire a permis de consolider un réseau de recherche dynamique et de poser les bases de futures collaborations scientifiques.
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